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IRL, ICC, ILC, ILAT : réviser le loyer sans faux pas, expliqué simplement

28/10/2026

Sharone Vang

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3

Une révision de loyer mal calculée ou oubliée, c’est de l’argent perdu, parfois pour toute une année. Et ce n’est pas toujours le même indice qui s’applique : un appartement loué en résidence principale, un cabinet de kinésithérapeute et une boutique de centre-ville ne suivent pas la même règle.

IRL, ICC, ILC, ILAT : quatre sigles, quatre usages. Voici comment s’y retrouver, indice par indice, pour réviser un loyer sans faux pas et sans rien oublier.



Quel indice pour quel bail ? Le tableau à retenir



Le bon indice dépend de la nature du bail et de l’activité réellement exercée dans les lieux. Dans tous les cas, c’est la clause de révision du bail qui fait foi : elle précise l’indice et le trimestre de référence.



Indice

Bail concerné

Publication par l’INSEE

À retenir

IRL (indice de référence des loyers)

Logement vide ou meublé, résidence principale

Une dizaine de jours à deux semaines après la fin du trimestre

Révision annuelle, interdite pour les logements classés F ou G

ILC (indice des loyers commerciaux)

Local commercial ou artisanal

Environ 3 mois après la fin du trimestre

Révision triennale légale ou clause d’indexation annuelle

ILAT (indice des loyers des activités tertiaires)

Bureaux, professions libérales, activités tertiaires, entrepôts logistiques

Environ 3 mois après la fin du trimestre

Même mécanique de calcul que l’ILC

ICC (indice du coût de la construction)

Anciens baux dont la clause y renvoie encore

Environ 3 mois après la fin du trimestre

Exclu des baux commerciaux nouveaux ou renouvelés depuis la loi Pinel de 2014



IRL : l’indice de la location résidentielle



L’IRL s’applique aux logements loués vides ou meublés en résidence principale. Le bailleur ne peut réviser le loyer qu’une fois par an, et seulement si le bail contient une clause de révision. Sans cette clause, aucune hausse n’est possible en cours de bail.

La formule est simple : nouveau loyer = loyer actuel × IRL du trimestre de référence de l’année en cours ÷ IRL du même trimestre de l’année précédente. Le trimestre de référence est fixé par le bail. S’il n’est pas précisé, on retient le dernier IRL publié à la signature.



Exemple avec des valeurs fictives : pour un loyer de 800 euros, un ancien IRL de 140,00 et un nouvel IRL de 142,10, le calcul donne 800 × 142,10 ÷ 140,00, soit 812,00 euros.



Trois points de vigilance :

•          Le DPE F ou G bloque la révision. Depuis le 24 août 2022, aucune hausse de loyer, y compris par révision, n’est possible pour un logement classé F ou G (1er juillet 2024 dans les territoires d’outre-mer). Vérifiez la classe du logement avant chaque révision.

•          La révision n’est pas rétroactive. Elle s’applique à partir de la date à laquelle le bailleur la notifie au locataire.

•          Le délai est d’un an. Passé ce délai, le bailleur est réputé avoir renoncé à la révision pour l’année écoulée.



ICC et ILAT : l’indice du local professionnel



L’ILAT suit l’évolution des loyers des activités tertiaires : bureaux, professions libérales, entrepôts logistiques. C’est l’indice de référence quand le local abrite une activité de ce type.

L’ICC mesure l’évolution du coût de la construction, pas celle des loyers. La loi Pinel du 18 juin 2014 l’a écarté des baux commerciaux nouveaux ou renouvelés, mais les clauses antérieures restent valables jusqu’au renouvellement. Vous le retrouverez donc encore dans de nombreux baux anciens.

Pour choisir, une seule règle : lisez la clause d’indexation du bail. Elle indique l’indice et le trimestre de référence, et c’est elle qui s’impose. Le calcul est identique à celui de l’IRL : loyer actuel × nouvel indice ÷ ancien indice.



ILC : l’indice du local commercial



L’ILC s’applique aux locaux commerciaux et artisanaux. Il se compose de l’évolution de plusieurs indicateurs économiques, et il est devenu l’indice de référence des baux commerciaux depuis la loi Pinel.



Deux mécanismes coexistent :

•          La révision triennale légale, possible tous les trois ans au minimum, avec une variation du loyer limitée à 10 %.

•          L’indexation annuelle, uniquement si une clause d’échelle mobile figure au bail, sans plafond légal.

Un plafonnement exceptionnel de 3,5 % par an a protégé les petites entreprises entre 2022 et 2024. Il ne s’applique plus aujourd’hui : vérifiez toujours les règles en vigueur au moment de la révision.

Attention au délai : l’action en révision se prescrit par deux ans. Mieux vaut donc ne pas laisser traîner la demande.



Le calendrier de publication des indices



L’INSEE publie les indices chaque trimestre. L’IRL sort rapidement, les indices commerciaux avec environ trois mois de décalage. Les dates ci-dessous sont indicatives : consultez le calendrier officiel de l’INSEE pour le jour exact.



Trimestre

Publication de l’IRL

Publication de l’ILC, de l’ILAT et de l’ICC

1er trimestre

mi-avril

fin juin

2e trimestre

mi-juillet

fin septembre

3e trimestre

mi-octobre

fin décembre

4e trimestre

mi-janvier

fin mars



Pourquoi surveiller ces dates ? Parce qu’une révision n’est jamais rétroactive. Si vous attendez, le nouveau loyer ne s’applique qu’à partir de votre demande, et la hausse non réclamée sur la période précédente est perdue. Pour un logement, au-delà d’un an sans demande, vous êtes réputé avoir renoncé à la révision de l’année écoulée.



Comment Manerty automatise la révision du loyer



Suivre quatre indices, trois dates de référence et plusieurs baux sur un tableur finit toujours par coûter une échéance. Manerty, logiciel de gestion des investissements immobiliers, intègre la révision de loyer à la gestion locative :



•          des rappels automatiques quand une révision est possible, pour ne laisser passer aucune échéance

•          trois choix au moment de réviser : ne pas augmenter, appliquer l’indice complet ou pratiquer une augmentation partielle

•          une propagation automatique vers les quittances, sans ressaisie



Le bailleur garde la décision, et le suivi se fait bien par bien. Pour un cabinet d’expertise comptable, c’est aussi un gain de temps sur les dossiers de clients investisseurs, là où les révisions étaient jusque-là suivies à la main.



En résumé : le bon indice, au bon moment



L’IRL pour le logement, l’ILC pour le commerce, l’ILAT pour le tertiaire, et l’ICC seulement dans les anciens baux qui le citent : l’indice se lit toujours dans la clause du bail. Le reste tient en trois réflexes : vérifier le trimestre de référence, contrôler le DPE pour un logement, et notifier la révision sans attendre.



Vous gérez plusieurs biens et vous voulez ne plus jamais oublier une révision ? Découvrez l’automatisation des révisions de loyer avec Manerty.